Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 09:48

Voici une publication de travaux sur la schizophrénie bien intéressante,

je vous la livre in extenso :

 

SCHIZOPHRÉNIE, AUTISME: Quand l’expérience bien acquise ne profite jamais

Brain

Alors que chacun d’entre nous tire des leçons de ses expériences passées et utilise sa capacité d’analyse d’une situation le moment venu pour interagir avec les autres, il semblerait, d’après cette étude du CNRS que les personnes schizophrènes aient perdu ces facultés et utilisent de façon inappropriée leur expérience passée pour comprendre les intentions des autres. Ces conclusions publiées dans l’édition en ligne du 28 novembre de la revue Brain montrent une nouvelle voie de thérapie cognitive pour les patients schizophrènes mais probablement aussi pour les personnes autistes.

Ces chercheurs du Centre de recherches cerveau et cognition (CNRS/Université Toulouse 3 Paul Sabatier) du Centre de neuroscience cognitive de Lyon (CNRS/Université Claude Bernard Lyon), du Centre Hospitalier le Vinatier à Lyon et de la Faculté de Médecine de Rangueil à Toulouse viennent de montrer en réalisant une expérience avec des patients schizophrènes qu’ils sous-utilisent les données issues de l'expérience, par rapport à l’analyse visuelle de la situation, lorsqu’ils présentent des symptômes négatifs ou qu’ils sur-utilisent cette information au dépens de l’analyse visuelle et sensorielle lorsqu’ils présentent des symptômes positifs. Les chercheurs ont mené cette expérience sur des patients présentant divers symptômes de la schizophrénie : négatifs (perte d'intérêt, retrait social), positifs (hallucinations, délires), ou de désorganisation (discours incohérent, phénomène du « coq à l'âne »).

Un déséquilibre dans l’analyse des informations : Lorsque les patients visionnent plusieurs vidéos montrant des personnages avec différentes intentions et lorsque les chercheurs règlent la quantité et le type d'information visuelle mise à la disposition des patients, dans tous les cas, un déséquilibre dans l'interaction entre l'information visuelle et l'information à priori conduit ces patients à des erreurs d'interprétation sur les intentions d'autrui.

Les chercheurs concluent que ces deux types d'informations sont mal utilisés chez les patients schizophrènes, ce qui expliquerait pourquoi ils ont du mal à reconnaître les intentions d'autrui. Ces résultats pourraient être à la base de nouvelles stratégies de thérapie cognitive permettant au patient d'améliorer son aptitude à utiliser son expérience et de diminuer ses difficultés à reconnaître les intentions d'autrui. Une piste, concluent les chercheurs à tester aussi pour les patients atteints d’autisme.

La schizophrénie touche 1% de la population mondiale selon l’OMS et se caractérise par différents symptômes cliniques. Les hallucinations auditives verbales, c’est-à-dire la perception de voix, est un symptôme très fréquent puisque 70% des patients en souffrent. Dans 20% des cas, elles résistent à toute forme de stratégies thérapeutiques.

Source:Brain (2011) doi: 10.1093/brain/awr306 published online: 28 novembre 2011 « Mentalizing Under Influence: Abnormal Dependence on Prior Expectations in Patients with Schizophrenia  

 

Par danièle - Publié dans : Comportement
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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 09:45

La maman de X m’a téléphoné dernièrement, son fils est sorti de l’hôpital et les médecins psychiatres ont enfin décidé de lui prescrire le médicament (antipsychotique) dont il avait besoin.

Il a quand même fallu attendre plusieurs mois pour obtenir cette prescription absolument nécessaire compte tenu de l’état psychique de l’adolescent.

Son état va mieux, m’a confié la maman, depuis cette prescription, cependant quelques crises subsistent m’a-t-elle dit.

Je lui ai alors demandé si les médecins avaient bien mis en place un suivi et prévu une réévalution pour ajuster le traitement en cas de besoin, elle n’a pas su me répondre et je lui ai donc conseillé de demander ce suivi indispensable, ces traitements étant relativement lourds et exigeant beaucoup d’attention.

Si je rappelle les recommandations du Professeur Eliez, il nous dit que lorsqu’un adolescent 22q11 présente des symptômes psychotiques, la prise en charge doit être la plus précoce possible, afin d’éviter que ces symptômes ne s’installent durablement.

Il précise également que la prescription doit faire l’objet d’un suivi régulier afin d’ajuster le dosage de cette prescription à l’évolution de l’état psychique du jeune concerné.

Il précise encore que le dosage peut évoluer en plus ou en moins et que même, si la prise en charge s’est effectuée correctement, les symptômes peuvent disparaître au bout de quelques semaines ou quelques mois et la prescription peut alors être interrompue.

A toute fin utile, j’ai confié l’adresse du Professeur Eliez à la maman, afin qu’elle la communique aux médecins suivant son fils, en précisant que Stephan Eliez est toujours disponible pour informer les médecins qui le souhaitent et qui peuvent légitimement ignorer les problèmes particuliers qu’un enfant ou un adolescent 22q11 peut poser.

 Souhaitons donc maintenant qu’un dialogue fructueux s’installe entre les professionnels concernés.

Par danièle - Publié dans : Prise en charge médico-sociale
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Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 11:23

La psychiatre de l'hôpital de jour m'avait dit qu'elle envisageait de prescrire enfin un antipsychotique a X, à condition d'en obtenir l'autorisation du cardiologue.

Le cardiologue ayant donné cette autorisation, je pensais naïvement le problème résolu et qu'enfin X aurait la prise en charge psychiatrique dont il a besoin.

Eh bien non, l'état du jeune homme ayant encore empiré, tentavive réelle de mutilation, agression physique sur sa maman, il a été hospitalisé en urgence à l'hôpital de Montfavet qui le suit déjà depuis de longs mois et là, le psychiatre refuse toujours la prise en charge adéquate,

Nous nageons dans l'absurdité la plus totale, à moins que ces puits de science que sont ces psychiatres souhaitent que ce jeune homme verse définitivement dans la psychose et qu'ils cherchent ainsi à se garantir un patient à vie.

Et tant pis pour toute la famille, sa maman en état de choc, son frère et soeur qui ne savent plus où ils campent.

Tout celà est bien pire que désolant, je dirais plutôt criminel et je ne sais vraiment plus vers qui me tourner pour que le simple bon sens ait de nouveau droit de cité.

Je vous invite à lire le commentaire émis par le frère de la maman à la suite de mon précédent article, il situe parfaitement le drame et je vous prie d'excuser la syntaxe et l'orthographe du rédacteur qui est d'origine marocaine et maitrise mal le français écrit, il est cependant très explicite.

Par danièle - Publié dans : Prise en charge médico-sociale
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