Médical

Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 18:44

Le Parisien, La Croix
Marc Payet note en effet dans Le Parisien que Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, et Nora Berra, secrétaire d’Etat à la Santé, « annoncent aujourd’hui un plan de lutte contre les maladies rares ».
« Un peu d’espoir pour des malades longtemps oubliés par la recherche », remarque le journaliste.
Marc Payet relève que « l’enveloppe annoncée va être de 180 millions d’euros sur 4 ans », et cite « l’entourage » de Valérie Pécresse, qui précise : « La France a eu un rôle pionnier dans la recherche sur les maladies rares, elle entend maintenir son avance, et ce programme d’investissement d’avenir va être décisif ».
Le journaliste rappelle que « la recherche a permis récemment d’obtenir certains succès, qu’il faut confirmer, notamment sur l'adrénoleucodystrophie, maladie pouvant entraîner une atteinte neurologique, une démence et un décès. Deux enfants ont pu être traités par une thérapie génique ».
Marc Payet s’interroge toutefois : « Ce plan sera-t-il à la hauteur des enjeux ? ». Laurence Tiennot-Herment, présidente de l’AFM, déclare que « cela va dans la bonne direction, mais ce n’est pas suffisant. Les besoins pour financer les maladies rares sont de 800 à 900 millions d’euros pour les 6 ans qui viennent ».
La responsable ajoute qu’« en plus des aides à la recherche, l’Etat doit financer davantage de structures de prise en charge des malades, notamment des établissements médico-éducatifs spécialisés, dont nous manquons cruellement ».
La Croix publie pour sa part un entretien avec Nora Berra, qui « dévoile les grandes lignes » de ce plan.
La secrétaire d’Etat note d’abord que « grâce au premier plan (2005-2008), la France a été le pays pionnier en Europe dans ce domaine. Avec ce deuxième plan (2011-2014), nous allons continuer à jouer un rôle moteur ».
Nora Berra précise que ce plan « comprend 47 mesures et est articulé autour de 3 axes forts : améliorer la qualité de la prise en charge des patients, développer la recherche et amplifier les coopérations européennes et internationales ».

Par danièle - Publié dans : Médical
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Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /Mai /2010 11:17

J'ai assisté à la journée du séminaire Pierre Royer consacrée au DPI (diagnostic préimplantatoire) qui permet à des couples à risques d'éviter la naissance d'enfants atteints d'une maladie génétique connue, sans avoir recours au diagnostic prénatal, et à l'interruption médicale de grossesse le cas échéant.

Dans ce bulletin j'ai souhaité vous rapporter les expériences des médecins sur ce sujet sensible et souvent controversé.

Vous pouvez le télécharger en cliquant sur l'icone ci-dessous,

Bonne lecture.

 

bulletin mai 2010 bulletin mai 2010

Par danièle - Publié dans : Médical
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Samedi 17 octobre 2009 6 17 /10 /Oct /2009 11:16

La deuxième partie de l’après midi du samedi était consacrée à différentes pathologies présentes chez nos enfants de manière assez régulière.

 

La première intervention d’Ann Schwillen de l’université de Leuven en Belgique portait sur les troubles du sommeil qui affectent la majorité des jeunes enfants VCFS.

Elle commence son intervention en rappelant que les jeunes enfants ont souvent des troubles de l’alimentation et du sommeil, mais que les troubles de l’alimentation se calment à l’âge scolaire alors que les troubles du sommeil perdurent bien plus longtemps.

Ces perturbations du sommeil peuvent conduire à de multiples problèmes de comportement qui affectent l’enfant et sa famille.

L’objectif de l’étude était de comparer le comportement du sommeil et les troubles qui l’accompagnent chez les enfants VCFS avec ceux de leurs frères et sœurs et de quantifier la gravité de ces troubles ainsi que la structure du sommeil.

Nous avons recruté 31 enfants VCFS (moyenne d’âge 10ans, de 4 à 14ans, 17 garçons et 14 filles) et leurs plus proches frères ou sœurs (même moyenne d’âge, 14 garçons et 17 filles)

Leurs parents ont rempli un questionnaire normalisé sur le sommeil de leurs enfants.

Ce questionnaire, CSHQ, est fréquemment utilisé dans les études concernant le sommeil des enfants, il a montré de bonnes propriétés psychométriques et a été validé.

Il comprend des éléments relatifs à un certain nombre de domaines clés conceptuels du sommeil.

Il est regroupé en huit sous-échelles reflétant :

1, la résistance au coucher

2, Les délais d’endormissement

3, La durée du sommeil

4, L’anxiété pendant le sommeil

5, Les réveils nocturnes

6, Les insomnies

7, Les troubles respiratoires du sommeil

8, La somnolence diurne

Des scores élevés sont révélateurs d’un sommeil perturbé

 

Résultats : La gravité des problèmes de sommeil dans le groupe VCFS a été signalée par les parents comme étant nettement plus élevée que dans la fratrie (score moyen 42,97 contre 36,55 pour le fratrie)

Les valeurs pour cinq des huit sous-échelles étaient significativement plus élevées :

-         la résistance au coucher

-         l’anxiété du sommeil

-         les réveils nocturnes

-         les insomnies

-         la somnolence diurne

Conclusions : Les parents confirment que les problèmes de sommeil sont nettement plus graves chez les enfants VCFS que chez leurs frères et sœurs, mais que cela apparaît de manière assez diverse.

Il parait nécessaire de poursuivre cette recherche et de la compléter par des examens cliniques détaillés.

 

La deuxième intervention est du Docteur Lapi, généticienne clinique dans le service de pédiatrie de l’Hôpital des enfants de Florence.

Elle nous parle de la densité osseuse et du métabolisme chez les patients VCFS.

Nous savons que l’hydroxylation de la vitamine D3 par le foie et ensuite par les reins permet l’absorption du calcium par la muqueuse intestinale. Les parathyroïdes, grâce à la production de PTH jouent le rôle de régulateur du calcium sérique et son assimilation par l’os.

Lorsqu’il y a trop de calcium sérique la PTH est inhibée.

La production de PTH suit un rythme circadien avec des pics et des creux.

La masse osseuse est fonction de :

-         facteurs intrinsèques : sexe, ethnie, environnement,…

-         facteurs extrinsèques : mode de vie, régime alimentaire, prise de médicaments

Le pic de masse osseuse se situe chez les adultes au environ de 30 ans, ensuite il y a recul de cette masse osseuse.

L’étude a portée sur 28 patients avec 22q11DS (âge moyen 15,4ans ; de 6,1 à 42,8ans)

Ils ont subi les analyses test DEXA

Les données obtenues ont été comparées en fonction de l’âge, du sexe et de l’indice de masse corporelle avec les sujets d’un groupe contrôle.

Conclusions :

Les sujets avec 22q11DS ont une réduction significative de la masse osseuse, inverse par rapport à leur âge. Ces patients présentent également des dommages de leur métabolisme osseux, les plus importants étant dans l’enfance.

Les causes de ces troubles peuvent être recherchés, tant dans le faible niveau de calcium que de PTH, probablement associé à une masse osseuse réduite, ce qui peut entraîner une réduction maximale de la masse corporelle avec un risque important de dommage de la masse osseuse dans la vie adulte.

C’est pourquoi nous suggérons une surveillance attentive de la masse osseuse et du métabolisme chez les patients 22q11DS, vous devrez éventuellement envisager un traitement médicamenteux et un régime alimentaire approprié pour améliorer le pic de masse corporelle chez ces patients.

 

La troisième intervention concerne la fonction thyroïdienne et la morphologie des sujets VCFS, elle est faite par Stefano Stagi de l’université de Florence.

Il nous explique qu’il y a aujourd’hui peu d’études sur la fonction thyroïdienne en particulier en ce qui concerne la morphologie de la thyroïde.

En outre, cette fonction peut être altérée par l’obésité, et puis par un certain nombre de facteurs extérieurs, tel la prise de certains médicaments, des troubles dus à des maladies auto-immunes, telle les troubles coeliaques, et encore le contexte familial en particulier héréditaire.

L’étude a porté sur 30 patients d’âge moyen 9,7 ans (1,5 à 43,9 ans).

Ont été étudiées les concentrations sériques T3 libres, T4 libres, TSH, thyroperoxidase, thyro 

Globulines et les anticorps TSHr, ainsi qu’un examen échographique.

Sur près de 50% des patients, nous avons constaté une hypoplasie de la thyroïde qui implique l’ensemble de la glande, en outre chez tous les patients le volume du lobe droit était réduit de manière significative.

71% des patients avec hypothyroïdie avaient une malformation cardiaque concomitante ce qui permet de penser qu’il y a une implication du gène TBX1.

Cette étude confirme la présence d’altérations de la fonction thyroïdienne dans le 22q11DS et confirme également une incidence élevée des anomalies morphologiques de la thyroïde chez ces sujets.

 

La quatrième intervention concerne l’alimentation et la croissance,

Elle est de Cristina Digilio de l’Hôpital des enfants de Rome.

Elle nous rappelle, tout d’abord, que 75% des très jeunes enfants ont des problèmes d’alimentation :

-         régurgitation nasale due aux problèmes vélo pharyngés

-         difficulté de déglutition due à l’hypotonie

-         difficulté de manger des aliments solides pour les mêmes raisons

-         difficulté de mâcher encore pour les mêmes raisons avec en plus souvent des problèmes dentaires

-         difficulté de boire (ils boivent par tout petites gorgées)

L’hypotonie est révélée souvent par le fait que la langue pointe entre les lèvres.

Dans la première année de vie, il peut être nécessaire de faire un examen gastro-oesophagien complet afin de détecter des disfonctionnements plus sévères, tels le reflux gastro-oesophagien ou l’anneau vasculaire déjà cité.

On peut constater également quelques cas de méga colons (moins de 5% des cas) ou de maladie coeliaque (moins de 2%).

Le poids des enfants à la naissance est assez normal (2,9kg pour les garçons et 2,7kg pour les filles), il croit faiblement pendant les premières années, du fait des difficultés évoquées plus haut, mais ce déficit pondéral se corrige par la suite lors de la croissance avec même une certaine tendance à l’obésité à l’adolescence.

La taille des enfants est souvent petite, mais là encore, dans la plupart des cas, elle redevient conforme à celle des parents à l’adolescence. A l’âge de 10 ans le retard de croissance peut être évalué de 4 à 6 mois.

Dans de rare cas il peut exister un déficit en hormone de croissance

En présence d’une croissance lente il peut être envisagé un examen radio du poignet pour mesure l’âge osseux.

Chez les patients avec une stature inférieure de 3 centiles, il est indiqué de faire le dosage de la somatomédine C qui fournit une indication pour la prescription de l’hormone de croissance.

 

Robert J. Shprintzen qui intervient ensuite sur le même sujet souligne que la courbe de croissance des enfants VCFS est différente de celle de la population générale et que la fondation va publier une courbe de croissance spécifique à ces enfants basée sur le suivi de 1212 personnes VCFS et plus de 9000 mesures de poids et 10000 mesures de taille.

Il rappelle qu’il faut être très attentif à ne pas gaver ces enfants, du fait de leur croissance lente, afin d’éviter l’apparition d’autres pathologies désastreuses.

 

La dernière intervention du Docteur Ruga de l’université de Padoue concerne les anomalies cardiaques, la durée de l’hospitalisation à la suite de la chirurgie et les risques de complications.

Ont été examinés, les dossiers de 40 enfants avec délétion 22q11, 35 présentaient des anomalies cardiaques (87,5%) dont 18 avaient une tétralogie de Fallot + atrésie pulmonaire (51%), 9 une interruption de l’arc aortique+anomalie du septum ventriculaire (25,7%), 5 le tronc artériel commun (14,9%) et 3 d’autres anomalies.

Le groupe témoin comprenait 33 enfants avec des anomalies cardiaques comparables mais sans microdélétion 22q11.

La période post-opératoire a été d’une durée comparable entre les deux groupes, nous n’avons pas relevé de différence significative.

Les enfants VCFS souffrant souvent d’anomalies extra-cardiaques, nous avons également voulu comparer les risques de complication post-opératoires (infection, septicémie, épanchement pleural, etc.)

Nous n’avons pas non plus constaté de différence significative entre le groupe VCFS et le groupe témoin.

Des études sur de plus vastes échantillons sont nécessaires pour confirmer ces résultats préliminaires.

Par danièle - Publié dans : Médical
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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /Sep /2009 19:31

La deuxième partie de la matinée de samedi comprenait trois interventions tentant d’établir un lien entre la neuro anatomie du cerveau des individus VFCS et les comportements souvent constatés.

La première de ces interventions de Loana Coman du département psychiatrie et sciences du comportement de l’université de Syracuse USA parlait du traitement des émotions chez les adolescents observés à l’aide de l’IRM fonctionnelle.

Elle nous présente son étude :

Nous connaissons les difficultés d’interprétation des expressions faciales et du traitement des stimuli émotionnels chez les VCFS, mais nous avons peu de connaissances des réseaux neuronaux impliqués dans la perception de l’émotion chez ces personnes.

Nous avons fait une étude comparative entre 10 sujets VCFS et leur frères et sœurs grâce à l’IRMf.

La conclusion de cette étude est que face à des stimuli désagréables les individus VCFS semblent réprimer les circuits d’analyse des émotions et que, en outre, les circuits qui sous-tendent la capacité de médiation des stimuli émotionnels par la parole sont perturbés chez ces personnes.

 

La deuxième intervention de Wendy R. Kates, USA portait sur l’étude des modifications de la surface corticale et de l’épaisseur corticale chez un échantillon de jeunes VCFS afin de rapprocher la morphologie du cortex de la sévérité des symptômes psychiatriques.

L’échantillon comprenait 64 jeunes de 9 à 15ans au temps T1 et de 12 à 18ans au temps T2.

L’échantillon comprenait 41 jeunes avec VCFS et 23 contrôles.

Très peu de différences entre les groupes ont été observées au temps T1.

Par contre nous avons observés, au fil du temps, des changements dans l’épaisseur corticale.

Les jeunes avec VCFS ont présentés une épaisseur corticale en baisse pour les lobes temporaux, frontaux et pariétaux.

Enfin nous avons relevé une corrélation forte entre les réductions d’épaisseur corticale frontale et temporale et l’apparition de troubles psychiatriques chez les sujets VCFS.

Ces résultats suggèrent que l’épaisseur corticale des jeunes VCFS baisse dans le temps et bien que la signification clinique de ces diminutions ne soit pas claire aujourd’hui, les données recueillies indiquent que les anomalies anatomiques constatées sont prédictives de la vulnérabilité des jeunes VCFS vis-à-vis des troubles psychiatriques.

 

La troisième intervention de Eileen Marrinan (USA) concerne une étude en cours qui tend à établir les corrélats neuro-anatomiques possibles entre les fonctions langagières et les fonctions cognitives chez les sujets VCFS.

82 sujets VCFS ont subit une analyse linguistique globale, y compris concernant l'insuffisance vélopharyngée, ils ont également reçu une batterie de tests neuropsychologiques.

Les données recueillies seront analysées, afin de connaitre l'incidence des variations de volume du cerveau avec l'intelligibilté du discours et les performances cognitives du langage.

 

 

Par danièle - Publié dans : Médical
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Dimanche 20 septembre 2009 7 20 /09 /Sep /2009 11:58

La première partie de la matinée de samedi était consacrée à l’importance du regard dans la capacité que nous avons à créer et entretenir des relations avec les autres.

Les trois premières interventions émanent de l’équipe du Professeur Stephan Eliez à Genève.

Tout d’abord, Anne Giersch nous parle de la capacité ou plutôt de la difficulté qu’on les enfants, adolescents et les adultes 22q11 à discriminer des formes particulières incluses dans des structures globales.

Une étude est menée avec 35 personnes atteintes du VCFS et 41 contrôles, il s’agit de comparer les capacités de discrimination entre des formes particulières (petites croix ou x) organisées en forme de carré ou de losange.

Les résultats de cette étude démontrent que les difficultés des personnes VCFS sont probablement liées à une altération des capacités visuo-spatiales nécessaire pour vérifier la forme des éléments locaux intégrés dans une structure globale.

Les résultats actuels montrent l’impact des déficiences visuo-spatiales sur la fonction de discrimination, même lorsque les configurations sont largement espacées.

L’information visuelle est généralement surchargée dans la vie quotidienne, ce qui implique l’étude des difficultés visuelles dans le traitement du syndrome.

Ces résultats ont des implications importantes pour d’autres domaines cognitifs dans le VCFS et en particulier pour les apprentissages scolaires.

Nous examinerons les possibilités d’adaptation du matériel scolaire.

La deuxième intervention de Marie-Christine Ottet poursuit l’hypothèse présentée précédemment et mettant en cause les déficits visuo-spatiaux dans patients VCFS, y compris des déficiences de l’attention visuo-spatiale et de la mémoire à court terme.

L’utilisation de la machine « eye-tracking » permet de suivre le regard des personnes placées devant un écran de télévision et devant observer des images qui sont projetées.

41 personnes VCFS (âgés de 8-24ans, 18M et 23F) participent, ainsi que 38 contrôles (9-24ans, 20M et 18F) ont participé à des tests de rétention visuelle pour le suivi des yeux.

Les participants ont examinés chacun 10 images géométriques pendant 10s, chaque image a ensuite été suivie par un choix multiple de diapos contenant l’image originale et trois choix semblables.

Globalement les personnes ayant le VCFS ont bien moins réussies et fixées moins longtemps au cours de leur exploration d’images.

En outre certaines régions restent moins explorées, en particulier les figures périphériques.

Alors que les déficiences visuo-spatiales sont souvent mentionnées en relation avec le 22q11DS, l’étude en cours montre les modifications d’exploration spontanée des images complexes géométriques par les personnes touchées, qui semblent être liées à des difficultés dans l’attention d’engagement (Simon et al, 2005)

Ces observations fournissent des mécanismes concrets pour l’amélioration visuelle de reconnaissance détaillée chez les individus atteints.

La troisième intervention est faite par Bronwin Glaser que beaucoup d’entre nous connaissent bien, elle est intitulée « une fenêtre sur l’âme, attention aux yeux dans le VCFS ».

Pour mémoire, j’ajoute que Bronwin attend un heureux événement pour le mois de septembre, souhaitons donc à la future maman et à son bébé tous nos vœux de bonheur.

Question : Comment les enfants VCFS regardent les yeux de leurs interlocuteurs ?

C’est très important parce que cela fait fonctionner d’autres régions du cerveau, et regarder les yeux de son interlocuteur permet d’identifier la personne et active des régions du cerveau qui nous permettent d’interagir avec les gens, ce sont les interactions sociales. L’expression de la bouche a également une certaine importance.

L’utilisation de la machine eye-tracking permet, la encore, de comparer le regard des personnes VCFS avec des personnes contrôles en leur présentant des visages dont les traits ont changés ou dont la configuration générale du visage a changée, cette étude nous a été présentée précédemment à Genève.

Les personnes contrôles passent 80% de leur temps de scrutation sur les yeux et leur déplacement oculaire forme un triangle allant des yeux à la bouche, alors que pour les VCFS, leur scrutation est beaucoup plus diffuse et leur regard se porte souvent sur le bas du visage et donc sur la bouche, on ne retrouve pas le schéma triangulaire d’exploration des personnes contrôles.

On constate également que lorsque l’anxiété des enfants croit, ils ont du mal à regarder dans les yeux.

Cela a conduit à la mise en place expérimentale d’une étude de remédiation afin de modifier l’exploration des visages par les personnes VCFS.

Ce programme se déroule de la manière suivante :

Une première évaluation de la personne est faite à l’instant T1,

Ensuite, pendant 12 semaines la personne va faire des exercices de reconnaissance de visages

A l’issue de ces 12 semaines, une nouvelle évaluation est conduite, instant T2

Une nouvelle période de 12 semaines est respectée, pendant laquelle la personne ne fait aucun exercice particulier et à l’issue de cette deuxième période, une nouvelle évaluation est conduite, instant T3, afin de voir si les progrès constatés à la deuxième évaluation se sont maintenus et dans quelle proportion.

Nous en sommes actuellement au dépouillement de l’étude à l’instant T2 et nous avons constaté une amélioration des capacités des enfants.

Ajoutons

La dernière intervention de K. McCabe, qui a travaillé en Angleterre d’abord et maintenant en Australie commence par une réflexion de l’intervenante, disant qu’elle aurait du parler avant Bronwin car celle-ci vient de donner certaines réponses à ces interrogations.

Elle commence par décrire les difficultés des personnes VCFS,

Ils souffrent d’immaturité sociale, ils ne trouvent pas les bons outils sociaux, ils ont des difficultés à s’entendre avec leurs pairs, ils sont très introspectifs, très retirés, ils souffrent d’isolement social à l’adolescence et à l’âge adulte.

Ils ont des problèmes d’humeur et d’angoisse, des difficultés de langage souvent et ils ont également un problème avec leur visage qui ne montre par leurs émotions comme les personnes non atteintes, ils ont donc des déficits important au niveau de l’interaction sociale.

Cette étude est importante parce qu’il est suggéré que des symptômes psychotiques peuvent survenir lorsque les personnes atteintes de schizophrénie ne parviennent pas à maintenir leur propre représentation, or les personnes atteintes de VCFS constitue le troisième plus grand facteur de risque connu de la schizophrénie.

Cette étude visent à identifier les éléments cognitifs qui sous-tendent les problèmes sociaux observés dans le VCFS et nous avons utilisé Eyelink 1000 pour étudier la cognition sociale chez les sujets VCFS.

Les résultats montrent les différences entre les VCFS et les autres personnes, Les sujets VCFS passent beaucoup plus de temps sur l’observation de la bouche et beaucoup moins sur les yeux et ils sont moins précis dans l’identification des émotions faciales que le groupe contrôle, cela a un impact sur leur habilités sociales.

 

Par danièle - Publié dans : Médical
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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 08:35

Les interventions concernant le chirurgie vélo pharyngée ont été plutôt consensuelles,

On était loin de l’empoignade du congrès de Strasbourg entre le Professeur Pellerin qui militait pour la sphinctéroplastie latérale dynamique (type Orticochéa) moins traumatisante que le lambeau postérieur, le Professeur Debré qui insistait pour affirmer que la seule réponse possible à l’insuffisance vélo pharyngée des enfants Di George était l’injection de graisse et la chirurgienne genevoise tout comme Sherard A. Tatum de Syracuse qui ont décrit leurs interventions en utilisant le lambeau pharyngé postérieur.

L’intervention du Professeur Garabédian de l’Hôpital Trousseau était plus prudente, il n’avait pas pris position pour l’une ou l’autre de ces techniques, insistant sur la nécessité d’une bonne rééducation orthophonique préalable et un examen détaillé de la situation anatomique et verbal du patient.

Il m’avait d’ailleurs dit, en aparté, qu’il pratiquait ces différents types d’interventions en fonction des besoins réels des patients.

Cette fois ci, les différents intervenant ont parlé des avantages et inconvénients de ces différentes techniques.

L’un des problèmes majeurs de nos enfants est leur hypotonie et en particulier le manque de mobilité des murs pharyngés latéraux et la faiblesse des muscles naso pharyngés chargés de tirer le voile vers le haut et l’arrière afin de fermer le sphincter pharyngé.

Dans ce cas d’hypotonie importante résiduelle, malgré la rééducation orthophonique dont l’un des buts est précisément de la combattre, la sphinctéroplastie dynamique latérale ne peut pas fonctionner parce que les mouvements du sphincter reconstruit sont insuffisants. 

Par ailleurs, Tatum nous rappelle, ce qu’il avait déjà fait à Strasbourg que la position du crâne des patients VCFS a subit une rotation par rapport à sa base et que de ce fait le pharynx est plus profond que d’ordinaire chez ces sujets, la béance naso pharyngée est trop grande, ce qui doit être pris en compte dans la chirurgie.

Nous parlant de la technique du lambeau postérieur qu’il pratique depuis de nombreuses années, il nous précise que le lambeau long et relativement bas tel qu’il le pratiquait autrefois avec l’inconvénient de nécessiter une suture latérale de la paroi arrière du pharynx, ce qui provoquait le rétrécissement du pharynx et des risques d’obstruction.

La technique mise au point et utilisée actuellement consiste donc à réaliser un lambeau très large, court et très haut, au dessus du voile, ce qui permet de recréer un sphincter qui fonctionne mieux. De plus, la suture nécessaire pour fermer la plaie sous le lambeau est courte et peut être réalisée verticalement, ce qui élimine les risques d’obstruction.

Préalablement à cette intervention, les amygdales et les végétations adénoïdes sont retirées afin de donner le plus de mobilité possible aux tissus pharyngés et on attend que la cicatrisation de ces interventions préalables soit parfaite et qu’on dispose de tissus pharyngés de bonne qualité.

L’évaluation de la dimension et de la place exacte du lambeau doit être faite préalablement, après fluoroscopie.

Bien entendu l’évaluation globale des besoins est faite grâce à une naso pharyngoscopie et aussi une bonne évaluation langagière.

Par danièle - Publié dans : Médical
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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /Août /2009 08:28

La première intervention de cette séance concernant les différentes thérapies du langage pratiquées à travers le monde, était celle de Marta Paloscia (Italie).

Il s’agissait de rappeler qu’une approche cognitive était indispensable dans la mise en place de toute thérapie langagière auprès d’enfants souffrant d’anomalies organiques de l’appareil bucco facial et de dyspraxie plus ou moins prononcée.

Il est fondamental que les enfants développent des capacités métacognitives qui leur permettent une sensibilisation et un auto contrôle de leurs acquisitions langagières.

Cela mène à l’utilisation de différentes méthodes, proches de la langue des signes, associant

Le langage et les signes (exemple : le makathon en France), ou utilisant des graphismes, tout ceci de manière particulière et individualisée, en fonction des besoins réels de l’enfant.

Il faut aussi penser à avoir une approche ludique afin d’obtenir l’adhésion de l’enfant et susciter son intérêt.

Elle cite alors le cas d’un enfant de 8ans qui avait subit différentes interventions chirurgicales pour une fente sous muqueuse à l’âge de 5 ans et avait été suivi pendant un an par une orthophoniste sans véritable progrès.

Le QI de l’enfant était de 96, mais il souffrait d’hyper nasalité et d’hypotonie de la sphère oro-faciale. 

Cette prise en charge a commencé à 6ans et a consisté à mettre en pratique cette nouvelle approche afin d’obtenir une bonne fonction articulatoire et une rééducation du muscle de la langue.

Le travail, partant de l’utilisation correcte des phonèmes s’est étendu progressivement à la construction de mots puis de phrases et ensuite d’histoires afin de donner du sens à ce travail, et tout en gardant un aspect ludique à ces apprentissages.

L’acquisition de phonème spécifique est par exemple associée à un geste particulier, qui a pour fonction d’aider l’enfant lorsqu’il  doit reproduire ce phonème (l’acquisition devient globale et permet une prise de conscience phonologique).

L’utilisation de la lecture et de la méthode syllabique favorise également ces acquisitions.

Nous sommes persuadés, que ce soit en matière de thérapie langagière, que dans d’autres domaines, qu’il est trompeur de penser qu’il n’existe qu’une méthode unique.

Nous pensons au contraire, que l’intégration de différentes méthodes améliore les possibilités de réhabilitation fonctionnelle.

 

La deuxième intervention était celle de Ariela Nachmany (Israël) sur une méthode associant les sons, les formes et les couleurs, dans le traitement des troubles du langage.

Cette méthode a déjà été exposée au congrès de Strasbourg en 2006 et je vous invite à relire la transcription que j’en avais faite à l’époque.

 

Ensuite, nous avons eu l’intervention de Cheryl L.Lozon (USA),

Elle nous explique qu’elle est orthophoniste, qu’elle travaille depuis 15 ans dans les écoles et en libéral également.

La première fois qu’elle a été confrontée à un enfant VCFS, il était déclaré autiste avant que les parents ne lui expliquent qu’il était porteur du syndrome.

Elle s’est alors renseignée auprès des meilleurs spécialistes, à Syracuse et ailleurs afin de pratiquer la meilleure prise en charge possible.

Elle nous explique que l’orthophonie doit démarrer très tôt, bien avant la chirurgie, et que d’ailleurs, quelquefois, elle peut suffire.

Il faut travailler sur le placement des lèvres et de la langue et faire la différence entre les erreurs obligatoires dues à des défauts de structure anatomique et les erreurs compensatoires qui tendent à combler ces défauts de structure mais rendent la parole inintelligible et qu’il faut donc corriger, en particulier pour les coups de glotte.

De quoi s’agit-il, pour éviter de laisser passer l’air par le nez, l’enfant a tendance naturellement à bloquer le flux d’air au niveau du coup, ce qui l’empêche de parler correctement et d’articuler pour obtenir la différentiation des phonèmes.

Avec les tous petits, elle explique que les lèvres sont une gare, la langue le train et les dents les portes, afin de leur faire comprendre qu’il faut utiliser ces outils pour dire des sons corrects. Pour les plus grands, elle utilise les noms de chaque chose, bien entendu.

Pour les aider, au début, elle tient fermé le nez des enfants afin de leur faire travailler les sons sans qu’ils aient tendance à donner des coups de glotte, ensuite, petit à petit, il faut leur apprendre à parler sans avoir à tenir le nez bouché et sans pour autant, donner ces coups de glotte. Il faut bien sur, petit à petit, passer des phonèmes aux mots puis aux phrases.

Elle reçoit les enfants 3 à 4 fois par semaine et les parents sont invités à assister à chaque session de travail, afin qu’ils continuent les exercices, tous les jours, à la maison.

L’implication des parents est essentielle, sans eux le travail de rééducation serait beaucoup plus long.

 

Quatrième intervention du docteur Antonio Ysunza (Mexique)

A Strasbourg en 2006, le docteur Ysunza nous avait décrit sa méthode de thérapie du langage utilisant des supports visuels et reliant les phonèmes et les mots à des images.

Vous retrouverez son exposé du vendredi 7 juillet intitulé « phonica faces » dans les transcriptions faites à l’époque.

Aujourd’hui, il nous explique que l’application de cette méthode mise en pratique sur de nombreux enfants, avec l’implication des mères et l’utilisation de textes de lecture se rapportant à des événements actuels qui donnent du sens à cette lecture permet une amélioration relativement rapide des problèmes articulatoires des enfants SVCF avec insuffisance vélo pharyngée (entre 8 et 28 mois) pour des enfants dont l’âge variait de 3ans à 8ans.

Il rappelle d’ailleurs, que la prise en charge phonologique de ces enfants doit être antérieure à la chirurgie et aussi précoce que possible, elle doit être ludique et utiliser des lectures de textes ayant du sens.

 

Le débat avec la salle a donné lieu à quelques rappels et précisions.

Karen Golding-Kushner a rappelé que les meilleurs coachs en matière de thérapie langagière sont les parents.

Les orthophonistes ne doivent pas être en première ligne, ils sont là pour identifier les problèmes et donner les instructions aux enfants et à leurs parents.

Il est rappelé que le langage et l’articulation vont de paire.

Il est aussi rappelé que le fait de travailler pour éliminer les coups de glotte et améliorer l’articulation va modifier profondément les capacités de mobilité de la sphère pharyngée et au participera au bon fonctionnement du sphincter reconstruit par la chirurgie lorsqu’elle aura été pratiquée, en évitant entre autre les risques d’obstruction et d’apnée. 

Ce qui a été répété, tout au long de ces exposés, c’est que la thérapie langagière doit être globale, que la simple répétition d’exercices isolés ne suffit pas, que les parents doivent être parti prenante afin de favoriser le dialogue et les échanges constructifs avec l’enfant, que tout cela doit être ludique, simple et rattaché à l’actualité de l’enfant afin qu’il y trouve du sens et adhère à ces apprentissages.

L’utilisation de signes et d’images peut faciliter ces apprentissages, surtout pour les jeunes enfants en les aidant à associer sons et images connues.

Il faut commencer cette thérapie le plus tôt possible afin de combattre l’hypotonie souvent présente et faire preuve de persévérance (plusieurs séances par semaine avec des professionnels, plus des exercices quotidiens à la maison sont absolument nécessaire pour obtenir des résultats tangibles)

Cette rééducation demande du temps, plusieurs mois, voire plusieurs années en fonction de la sévérité des troubles.

Enfin cette rééducation est préalable à la chirurgie, sachant que cette chirurgie, lorsqu’elle demeure nécessaire, viendra conforter le travail langagier fait auparavant et ne peut, en aucun cas, s’y substituer.

Par danièle - Publié dans : Médical
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 08:41

Les quatre interventions du début de l’après midi concernaient la génétique et les recherches en cours afin de mieux comprendre les relations entre les modifications des gènes et de l’ADN en général et les différents phénotypes présents dans le syndrome.

 

La première de ces interventions décrite par Antonio Baldini (Italie) nous parle des recherches sur TBX1. Le modèle murin a montré depuis quelques années déjà que ce gène est responsable des anomalies les plus courantes (cardiaques, thymus, oreille, thyroïde, etc). On sait également aujourd’hui que ce gène code pour une protéine qui fonctionne comme un facteur de transcription et donc régule l’action d’autres gènes.

Plusieurs laboratoires sont à la recherche de gènes réglementés par TBX1 afin de comprendre comment ils sont réglementés.

Par exemple, au cours du développement cardiaque, TBX1 est important pour la prolifération des cellules destinées à devenir les cellules du cœur (connues sous le nom de cellules pro génitrices cardiaques)

Dans ces cellules, la fonction TBX1 est de régler d’autres gènes qui soutiennent leur prolifération  et, en même temps, d’empêcher les cellules de se différentier trop rapidement. Ces deux rôles combinés sont essentiels  pour maintenir un nombre suffisant de cellules pro génitrices cardiaque et permettre le développement normal du cœur.

On pense que TBX1 a une fonction similaire pour les autres organes touchés, sans en être certain aujourd’hui.

Il faut savoir que ce type de recherche fondamentale existe dans différents pays et que, en particulier, une recherche similaire est conduite en France, à l’Institut de biologie du développement de Marseille Lumilly (www.ibdml.univ-mrs.fr)

 

La deuxième intervention tente d’expliquer pourquoi le phénotype clinique des patients porteurs du syndrome est très divers alors que, dans la plupart des cas, la délétion est de 3 millions de paires de base.

Et Bérénice Morrow de nous expliquer que le double brin d’ADN est très complexe, il comprend trois mille millions de paires de base (de nucléotides) et que, assez fréquemment, on constate des changements dans l’enchaînement de ces nucléotides, environ 1/1000, changement généralement sans conséquence qui constitue le polymorphisme des individus (leur taille, leur couleur de cheveux, etc). On constate aussi des variations dans le nombre de copie (CNV) qui peuvent avoir des répercutions pathologiques. Enfin, dans la délétion, un seul chromosome est délété, de manière variable, (jusqu’à 42 gènes) et l’autre chromosome 22 peut atténuer l’influence pathogène de cette délétion, de même qu’il est très probable que d’autres gènes sur d’autres chromosomes interviennent dans cette pathogenèse.

L’étude mise en place consiste donc en la création d’une très grande base de données rassemblant jusqu’à 1000 patients touchés à des degrés divers et d’examiner de façon détaillée et exhaustif l’ensemble de l’ADN de ces patients en le rattachant à leur phénotype particulier et ensuite de comparer l’ADN des patients ayant un phénotype identique afin de détecter quelles sont les modifications de l’ADN qui sont identiques et peuvent être responsable de ce phénotype.

L’étude a commencé avec les patients ayant des anomalies cardiaques qui sont plus courantes et d’examiner précisément les différences dans le locus du gène TBX1 qui est associé à ces anomalies.

 

La troisième intervention danoise, consiste à mettre en place une technique particulière développée dans le cadre de l’analyse MLPA afin de détecter les nouveaux nés touchés par l’analyse du sang de cordon séché néonatal.

Il faut dire que cette technique est très adaptée à la mise en évidence de la délétion 22q11 et qu’elle permet, en particulier, de détecter des duplications qui ne sont pas révélées par la technique FISH traditionnelle.

Au Danemark, 5-600 (-1%) enfants naissent avec des malformations congénitales cardiaques (CHD).

Les cordons de sang sont collectés pour toutes les naissances par la bio banque et nous permettent d’extraire l’ADN des enfants ayant une CHD afin de faire une analyse MLPA grâce à une sonde spécifique qui a été développé afin de s’adapter à ce type d’échantillon d’ADN.

Les résultats des analyses effectuées sont fiables et montrent que la méthode utilisée permet l’analyse avec une faible concentration d’ADN.

Cela va permettre une étude rétrospective des cas de syndrome de Di-George au Danemark.

 

On peut effectivement imaginer qu’une telle méthode appliquée en France permettrait de faire une étude épidémiologique du syndrome qui manque cruellement actuellement.

 

La quatrième intervention concerne l’étude sur la Proline de l’équipe Thierry Frébourg, Dominique Campion de Rouen.

Nous la connaissons déjà puisqu’elle a été décrite à l’occasion du séminaire Pierre Robin à Paris et reprise dans le bulletin spécial créé à cette occasion.

Je me conterai donc de vous copier les conclusions de l’abstract qui nous a été remis et que nous avons traduit en Français :

« Étant donné que 40-50% des patients 22q11DS ont une hyperprolinémie, nous avons évalué si l’hyperprolinémie est un facteur de risque pour les capacités cognitives et les troubles psychiatriques dans le 22q11DS.

Un groupe de 92 patients de plus de 15 ans ont été évalués sur le plan cognitif et psychiatrique, les niveaux plasmatiques de la proline ont été mesurés et les gènes PRODH et de la COMT (catecho!-O-methyl transférase) ont été analysés, car un effet épistatique a récemment été décrit entre ces gènes dans un modèle murin d’hyperprolinémie.
Nous avons montré (1) q’un sous-groupe de patients avec 22q11DS et une hyperprolinémie sévère présente un phénotype similaire à celui des patients avec HPI, et (2) que l’hyperprolinémie, associée à l'allèle COMT-met, constitue un facteur de risque de la psychose dans la 22q1 1DS, comme prévu par la souris modèle, (3) qu'il existe une corrélation inverse entre le QI et le dosage plasmatique de la proline pour les sujets 22q11DS.

Nous avons ensuite essayé de comprendre pourquoi
Il y a une petite partie des  patients 22q11DS qui présentent une hyperprolinémie bien qu'ils n’aient qu’une délétion hétérozygote du gène PRODH.

Nos résultats ont montré qu'une mutation sur le deuxième allèle est nécessaire et que l’hyperprolinémie n'apparaît que lorsque les prévisions de l'activité enzymatique résiduelle est inférieure 25%.

Enfin, nous avons utilisé cette stratégie pour évaluer la participation de l’hyperprolinémie dans l'autisme.

Nous avons recherché la présence d'une délétion 22q11 de 350 ko, englobant PRODH DGCR6 et qui se trouve à une fréquence de 1 / 250 dans la population générale, sur 260 patients atteints d'autisme par rapport à 236 contrôles en bonne santé

Nous avons trouvé un excès significatif de cette délétion dans l'autisme.

En outre, ces patients présentent des mutations sur l’allèle PRODH et les niveaux plasmatiques de la proline restant élevés, favorisent la participation de l’hyperprolinémie dans la psychose. »

 

Par danièle - Publié dans : Médical
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Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /Août /2009 11:36

La deuxième partie de la matinée du vendredi était consacrée aux problèmes cardiaques, puis à la réponse humorale immunitaire et enfin aux aspects cliniques et immunologiques dans les premiers mois de la vie.

 

L’exposé des anomalies cardiaques était fait par Bruno Marino de l’hôpital des enfants à Rome, comme à Strasbourg en 2006 d’ailleurs.

Vous pouvez donc reprendre la transcription faite pour le congrès de Strasbourg qui détaille bien toutes les anomalies possibles ainsi que leurs conséquences.

Il est rappelé toutefois que les atrésies pulmonaires peuvent être plus délicates à traiter que d’autres anomalies et qu’il y a lieu, avant toute intervention chirurgicale de faire un bilan très complet et exhaustif des anomalies physiologiques présentes chez l’enfant ainsi que des risques infectieux qui sont à prendre en considération.

Une remarque, toutefois, il nous a été fait état des anomalies possible des vaisseaux importants, tel l’aorte et l’artère sous clavière qui peuvent provoquer une compression de la trachée ou de l’œsophage et doivent être corrigés (on parle d’anneau vasculaire qui provoque une obstruction partielle des voies aériennes ou de l’œsophage).

Ce qui me rappelle l’histoire d’Aloïs et de sa maman Marie-Christine qui s’est battue pendant plusieurs semaines et a consulté plusieurs médecins spécialistes libéraux et hospitaliers parce que Niels était très atone sans qu’on sache pourquoi, jusqu’à ce qu’un pédiatre un peu plus attentif que les autres le regarde et dise à sa maman « il faut l’hospitaliser d’urgence, je sais ce dont il souffre », il était en effet victime d’un anneau vasculaire qui l’oppressait terriblement.

Plusieurs médecins étaient passés à côté du diagnostic, c’était il y a une dizaine d’années je crois.

L’exposé de Bruno Marino a le mérite de rappeler qu’il faut être très attentif à tous ces problèmes de malformations cardiaques et vasculaires dont peuvent être atteints nos enfants.

 

L’intervention sur la réponse humorale immunitaire est extrêmement technique et je ne saurais vous le rapporter en détail.

Cependant, pour celles et ceux qui souhaiteraient savoir de quoi il s’agit, je vous précise que nous sommes soumis à deux types de réponses immunitaires :

-         la réaction immunitaire humorale

C’est la réaction qui se produit lorsque des lymphocytes B possédant des récepteurs spécifiques sont stimulés par un antigène et se différencient en clone de plasmocytes qui commencent à secréter des anticorps. Ceux-ci sont efficaces contre les agents pathogènes circulant dans le sang et dans la lymphe. De plus, l’activation sélective des lymphocytes B dote l’organisme de cellules à mémoires à durée de vie prolongée qui interviennent dans la réponse immunitaire secondaire.

-         la réaction immunitaire à médiation cellulaire

La réaction immunitaire humorale aide le réseau de défense à reconnaître et détruire les agents pathogènes libres, mais c’est la réaction à médiation cellulaire qui combat les agents pathogènes déjà introduits dans les cellules. Les principaux soldats de l’immunité à médiation cellulaire sont les lymphocytes T.

(Extraits du site de l’ESPCI-biologie)

Les études actuelles portent essentiellement sur cette réponse à médiation cellulaire qui met en cause les cellules T dont font partie les CD3,CD4 et CD8 dont parle le Professeur Sarda et qui ont également été décrites au cours du séminaire Pierre Robin par une hématologue de Necker.

Dans cette étude, par contre, ce sont les lymphocytes B qui sont mis en avant car des analyses fines ont montré une baisse importante de ces lymphocytes B chez les enfants 22q11DS.

Cette baisse serait-elle secondaire aux autres problèmes immunitaires ou au contraire aurait-elle une répercussion majeure sur les problèmes infectieux, voilà la question qui est posée en conclusion de cette étude.

 

Enfin, l’intervention sur les aspects cliniques et immunologiques chez les sujets VCFS rejoint sensiblement l’intervention précédente ainsi que les études mettant en cause les lymphocytes T.

Ces lymphocytes T sont issus primitivement du thymus et l’étude a constatée que même lorsque leur prolifération est normale, on constate que certaine ont une faible réponse mitogène due sans doute à la migration anormale du thymus.

Les cellules B sont généralement normales mais avec une diminution des niveaux d’immunoglobuline à la naissance.

Enfin l’augmentation de l’incidence des maladies auto-immunes (polyarthrite, endocrinopathie, thrombopénie idiopathique, anémie hémolytique auto-immune) chez les patients 22q11DS serait probablement associée à une diminution de la régulation naturelle des cellules T.

Cependant les mécanismes qui causent l’apparition de ces maladies auto-immunes n’a pas été identifié et doit faire l’objet d’études complémentaires.

 

La dernière intervention de la matinée décrit la prise en charge nécessaire pour les jeunes enfants en particulier.

Le suivi doit être à long terme et prendre en compte l’âge de l’enfant.

Anne-Marie Higgins de l’Hôpital de Syracuse aux USA nous rappelle alors qu’il faut d’abord faire preuve de bon sens, ne pas s’affoler devant certaines réactions du bébé, mais néanmoins être attentif à l’essentiel et bien observer ce qui se passe.

Tout d’abord, en ce qui concerne l’alimentation du bébé, ne pas confondre régurgitation et reflux gastro-oesophagien, dans les cas de simple régurgitation, des gestes simples (changement de tétine, de type de biberon, de position de l’enfant) peuvent améliorer la situation, se méfier également de la constipation qui ne donne pas envie à l’enfant de manger parce qu’il est encombré. Pour traiter la constipation essayer les boissons (jus de raisin, de poire et d’abricot) avant d’utiliser des médicaments et quand l’enfant est plus grand, ne pas oublier d’ajouter des fibres à son régime alimentaire. Eviter les jus de pomme et de banane qui ont trop d’apport en Peptine. Ne pas utiliser de suppositoires ni de lavement.

Si la régurgitation persiste et qu’il peut s’agir d’un reflux, faire les examens nécessaire et en particulier penser à l’anneau vasculaire du à une mauvaise position de certains gros vaisseaux qui compriment l’œsophage et provoque ce reflux.

Ensuite, en ce qui concerne les infections et les défenses immunitaires, il faut être très attentif à ces infections mais ne pas faire n’importe quoi, en particulier avec des antibiotiques inadaptés qui pourraient entraîner des surinfections.

Il faut absolument, si l’enfant a véritablement des problèmes infectieux graves et récurrents, étudier la fonction immunitaire en détails pour proposer les bonnes réponses.

En ce qui concerne la croissance, les 22q11 ont leur propre courbe de croissance, il faut patienter.

Se méfier des risques de scoliose et de cyphose, en particulier à l’adolescence, surveiller la fonction thyroïdienne, le taux de calcium sérique, la vitamine D, le sucre.

En cas de convulsions, vérifier la calcémie et le sucre et sinon faire un IRM afin de s’assurer qu’il n’y a pas d’accident vasculaire cérébrale.

L’hormone de croissance ne doit être utilisée que dans des cas précis et après une évaluation d’un spécialiste.

 

Par danièle - Publié dans : Médical
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Dimanche 9 août 2009 7 09 /08 /Août /2009 10:55

Les exposés des intervenants de la première partie du vendredi matin concernaient les prises en charge médicales misent en place dans différents pays.

 

Nous avons d’abord eu les interventions successives de l’université de Turin associée au département génétique de celle de Pavie qui portait sur 182 patients (de 3jours à 35ans) au cours de la période 1997-2008.

48 de ces patients  présentaient une délétion 22q11, dont 2 cas de délétions atypiques, nécessitant une recherche avec la technique CGH array. 77% des patients avaient des problèmes cardiaques.

Tous présentaient une dysmorphie faciale caractéristique

Différents troubles ont été observés, difficultés de développement dans l’enfance, obésité à l’adolescence, thrombocytopénie auto immune sévère, dépression majeure et troubles schizophréniques.

Dans les cas atypiques non caractérisés par les sondes Fish en 22q11 et 10p14, des analyses supplémentaires doivent être effectuées, surtout si ces patients présentent le phénotype clinique caractéristique de la délétion.

 

La deuxième intervention concernait une étude multicentrique réalisée dans le cadre du réseau italien pour les déficits immunitaires primitifs (14 centres). 154 patients ont été étudiés (de 4mois à 37ans)

80% des patients ont été détectés avant l’âge de 2ans, principalement pour des problèmes cardiaques et de l’hypocalcémie néonatale.

Des infections récurrentes et des manifestations auto-immunes étaient présentes dans respectivement 60% et 20% des cas.

Le retard de langage est souvent constaté et pourrait être lié à des altérations neurologiques ou des problèmes auditifs.

On retrouve des problèmes immunologiques dont un petit pourcentage d’immunodéficience sévère, ainsi que des troubles humoraux chez certains patients. Des maladies auto-immunes ont été observées chez 24 patients.

Des études prospectives pourraient contribuer à identifier les paramètres immunologiques qui

influent sur le développement d’infections et de maladies auto-immunes.

En conclusion, les patients ne présentant pas de problème cardiaque, ni de graves symptômes typiques sont diagnostiqués avec retard.

Le protocole mis en place par notre équipe pourrait permettre aux pédiatres et autres spécialistes un diagnostic plus rapide et plus fiable favorisant une prise en charge correcte de ces patients.

Et de plus le large spectre clinique constaté dans ce syndrome devrait favoriser la mise en place d’équipes interdisciplinaires d’experts pour le suivi à long terme et l’apport de soins optima à ces patients.

 

La troisième intervention était celle du Professeur Sarda sur sa cohorte de 75 patients que nous connaissons bien déjà et que je ne vous rapporterai pas en détail, puisque vous l’ avez déjà reçu avec le compte rendu du séminaire Pierre Royer.

Il faut tout de même noter que la description des pathologies possibles, présentes dans le syndrome, était plus détaillée, sans doute du fait de l’ancienneté de son implication pour la micro délétion 22q11.J’ai également noté qu’il faisait état de 10% de patients concernés par une maladie auto-immune non résolue, il y a sans doute là matière à recherche puisque ces maladies auto-immunes ont été également mentionnées par les autres intervenants.

 

Nous avons ensuite eu l’intervention d’une équipe du Chili qui nous a expliquée que si le Chili comptait 16millions d’habitants, la moitié de cette population vivait à Santiago la capitale.

Les tests sur le syndrome ont débuté en 1998 seulement avec de grosses difficultés pour détecter les patients sur l’ensemble du territoire. Des groupes de soutien aux parents ont été mis en place en particulier pour travailler sur les problèmes d’éducation.

Cette intervention m’a rappelé le mail que j’ai reçu d’un technicien de laboratoire du Maroc m’expliquant qu’il venait de mettre en service la technologie Fish à Rabat, c’était il y a quelques semaine seulement.

 

Enfin, une orthophoniste japonaise nous a fait le point de la recherche clinique, plus particulièrement en ce qui concerne le traitement des fentes palatines et l’insuffisance vélopharyngée, au Japon, à Nagoya plus précisément.  

Les dates d’intervention sont retardées par rapport aux nôtres, mais il est probable que cela tient tant à des caractéristiques sociales que langagières très différentes.

 

Pour terminer, le débat avec la salle a permis au Professeur Sarda de rappeler que les enfants devaient être vaccinés sauf en cas de déficience immunitaire sévère soit 5% des cas, mais que l’efficacité de la vaccination n’était pas toujours parfaite, sans qu’on en connaisse la cause précise.   

 

Par danièle - Publié dans : Médical
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